Tout le monde est écologiste?
C’est merveilleux : désormais tout le monde est « écologiste » ! Tous les milieux et tous les partis s’y sont mis. De plus en plus d’entreprises communiquent sur leur engagement pour la planète. Après la négation et l’occultation, nous devons maintenant subir le trop plein de discours et de bonnes intentions, et au final, la corruption des principes.
Un regard un peu attentif permet de constater que ce sont souvent les plus grands pollueurs qui communiquent sur ce sujet. Dans les coulisses du Grenelle de l’environnement, les lobbyistes s’agitent au détriment de l’air, de l’eau, de la santé, de la biodiversité. Les associations témoignent des pressions qui sont faites pour que les décisions urgentes ne soient pas prises.
Si les partis politiques y vont de leurs couplets, les grincements de dents et les dérapages sont nombreux. Car il faut du courage pour oser remettre en cause notre mode de vie de pays riche. Les mesures indispensables pour lutter contre le réchauffement climatique ou la pollution atmosphérique ne seront pas toujours populaires.
L’homme de la rue se sent écologiste car il fait son tri sélectif, mais baisser la vitesse autorisée à 110 km/heure sur autoroute serait une atteinte insupportable à sa liberté. Combien de discours « écolo » empreints de « développement durable » cachent (mal !) la défense d’intérêts particuliers ?
L’écologie n’est ni une image, ni une « idée », c’est une culture de l’action et une réalité concrète qui se heurtent à nos habitudes. Mais nous pensons que notre santé, l’avenir de notre planète et surtout celui de nos enfants valent bien quelques efforts individuels et collectifs aujourd’hui.
Les personnalités publiques devront l’apprendre : on ne peut pas négocier avec une courbe de croissance des gaz à effet de serre.
Tribune des élus Verts, à paraître dans le Noisy magazine de mars 2008.
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