Le tourisme durable face au changement climatique
Début octobre, Sylvie Duffrene, chargée d’une mission sur le développement durable du tourisme en Île de France, a assisté à Davos (Suisse) à la conférence internationale « tourisme et changement climatique », organisée par l’Organisation Mondiale du Tourisme (OMT) avec le Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE).
Au total, pas moins de 600 participants d'une centaine de pays, pour la plupart des professionnels du secteur.
Fruit de ces échanges, deux axes ont émergé : adapter les destinations au changement climatique et atténuer les propres impacts du secteur sur le phénomène.
Les petites îles voient la mer grignoter la terre, les stations de ski manquent de neige naturelle sur les pistes, et la grande barrière de corail australienne est en piètre état. Loin des discours, les professionnels sont face à des réalités environnementales qui sont aussi, en particulier pour eux, des réalités économiques. Le secteur est donc l’un des premiers touchés très directement par le réchauffement de la planète. Il est urgent qu’il s’adapte à cette nouvelle donne.
Selon l'OMT, environ 842 millions de voyages ont été effectués dans le monde l'an dernier et le nombre de voyages internationaux devrait atteindre 1,5 milliard en 2020. Les transports, le logement et d'autres activités touristiques comptent pour 4 à 6% du total des émissions de gaz à effet de serre. Près de trois-quarts des émissions de gaz à effet de serre produits par le tourisme proviennent des transports (40% des transports aériens et 32% des automobiles) et 21% du logement. La croissance continue du secteur pourrait conduire à une augmentation de 150% de ses émissions de gaz dans les 30 prochaines années.
Le secteur touristique est donc aussi fortement émetteur de carbone. Il se doit d’atténuer son propre impact.
Au cours de la conférence, le secteur touristique a donc fixé ses priorités pour agir :
- limiter ses émissions de gaz à effet de serre (GES),
- adapter les entreprises et les destinations touristiques à la modification des régimes climatiques ;
- appliquer les techniques existantes et nouvelles pour améliorer le rendement énergétique ;
- se procurer des ressources financières pour aider les régions et pays pauvres, dont la plupart dépendent en grande partie des recettes touristiques.
La Déclaration de Davos présentée en clôture souligne que « dans le cadre en pleine évolution des Nations Unies, le secteur du tourisme doit réagir rapidement à la modification du climat s’il veut connaître une croissance durable ».
Pour Sylvie Duffrene, les difficultés pointées au plan international - la multiplicité des acteurs dans le secteur du tourisme, le manque de leadership pour un développement durable, la diversité des formes de tourisme en cause (tourisme vert bien sûr, mais aussi historique, architectural, culturel..), la transversalité des questions soulevées - se retrouvent au plan régional. Les priorités fixées dans ce cadre peuvent se décliner (en les adaptant) régionalement. L’urgence d’agir est bien la même à tous les niveaux (local, national, international).
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