Quel avenir pour le Bois Saint-Martin ?

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Conseil municipal du 18 février 2010


Monsieur le Maire, mes chers collègues,
Quelques éléments généraux tout d’abord pour rappeler le contexte général et qui éclaire le positionnement du groupe des Verts sur ce sujet :

La population du monde augmente très rapidement. En 1960, 3 milliards d’habitants peuplaient la terre. Nous sommes aujourd’hui 6,8 milliards d’êtres humains. Il est probable que nous serons 7 milliards en 2012 et 9,4 milliards en 2050. En France, nous sommes 64,3 millions d’habitants (France métropolitaine et DOM), contre 45,6 millions en 1960.

Cette forte croissance démographique s’accompagne d’une nouvelle donne. Pour la première fois de notre histoire, la population du monde devient majoritairement urbaine. Les villes grandissent et s’étalent à toute vitesse, au détriment des espaces naturels et des terres agricoles, dont la superficie régresse chaque année.

Nous n’échappons pas à cette évolution.

L’île de France est l’une des régions d’Europe les plus dynamiques démographiquement : l’excédent naturel est de + 100 000 personnes par an. Globalement, la population francilienne croît en moyenne de + 70 000 habitants par an. Il nous faut donc répondre aux besoins légitimes de cette population : logement, transports, santé, éducation… et aussi qualité de vie, j’allais dire douceur de vivre. Et il nous faut, dans le même temps, préserver, pour des raisons évidentes, les espaces agricoles qui existent encore sur notre territoire.

La densification des villes (et il ne s’agit en aucun cas de construire des tours !) est une réponse politique pour contenir l’étalement urbain et maintenir les territoires agricoles. Bâtir la ville de demain, c’est tenir compte de ces évolutions, tout en l’adaptant au changement climatique, et en ayant le souci constant d’améliorer la qualité de vie urbaine. Notre objectif collectif doit être de « mieux vivre ensemble en ville ». Pour cela, nous devons construire des écoquartiers, développer les transports en commun, favoriser les circulations douces, lutter contre les pollutions et renforcer la présence de la nature en ville, tout en protégeant la biodiversité.

Parallèlement, il est indispensable de protéger les espaces naturels de qualité qui subsistent au coeur du tissu urbain, tout en permettant aux citadins d’en bénéficier.

l faut à la fois transmettre aux générations futures un patrimoine naturel préservé, et permettre aux enfants d’aujourd’hui de découvrir et d’apprécier la nature. Car le respect de la nature et de l'environnement s'apprend non seulement par la télévision ou à l'école, mais aussi et surtout in situ. Nos petits citadins d’aujourd’hui dans les quartiers sont les adultes de demain. C’est à eux qu’il appartiendra à leur tour de protéger la nature. Ils le feront d’autant mieux s’ils ont la possibilité d’être à son contact, si la nature est pour eux, à proximité.

Pour nous élus Verts, il est de notre responsabilité de proposer aux noiséens, et plus largement aux franciliens, un projet de vie en société prenant en compte la globalité de toutes les problématiques que je viens d’évoquer.

Penser globalement, agir localement : Le Bois Saint Martin est manifestement au coeur du sujet, vous l’aurez compris.
C’est pourquoi nous soutenons le projet présenté par la Région Île de France et la Ville de Noisy-le-Grand. Ce projet garantit l’entretien et la totale protection du Bois Saint Martin, tout en permettant une ouverture maîtrisée au public, lui permettant de découvrir ce site et d’en profiter. Il répond en tous points aux orientations du SDRIF et aux aspirations de « mieux vivre ensemble » des populations d’aujourd’hui et de demain.

J’ajoute que Madame Mireille FERRI, Vice-présidente à l’aménagement du territoire du CRIF, en charge du SDRIF, Monsieur Michel VAMPOUILLE, Vice-président à l’environnement du Conseil Régional d’Ile de France (CRIF), tous deux élus Verts par ailleurs, soutiennent sans réserve ce projet. Michel Vampouille et ses services ont d’ailleurs
largement contribué à son élaboration et je tiens publiquement à les en remercier, tout comme nous remercions également les représentants et les services de l’AEV qui, eux aussi ont travaillé pour proposer à la population le meilleur projet.

Je souligne encore que le CRIF lors de sa commission permanente du 28 janvier 2010 a confirmé son avis favorable d’acquisition par la région du Bois Saint Martin, malgré l’avis négatif du commissaire enquêteur. Le CRIF sollicite le prononcé de la déclaration d’utilité publique du projet des préfets concernés.

Le commissaire enquêteur chargé de l’enquête publique a émis un avis défavorable sur ce projet : permettez nous de penser qu’il n’a pas compris les enjeux urbains des trente prochaines années.

Contrairement à lui, nous ne croyons pas que l’intérêt général soit la somme des intérêts particuliers. Nous ne croyons pas non plus que l’intérêt général puisse être mieux défendu par des particuliers que par la puissance publique. Les propriétaires privés de ce domaine ont entretenu ce bois jusqu’ici pour leur propre bénéfice et leur propre confort, pour valoriser leur propre patrimoine, pour en jouir dans l’immédiat, et en espérant en retirer un jour des revenus, et c’est tout à fait naturel. C’est de la bonne gestion de patrimoine familial. Mais les ériger aujourd’hui en défenseur de l’intérêt général est une erreur d’appréciation.

C’est à nous, mes chers collègues, représentants élus de la population, qu’il appartient collectivement de protéger le devenir du Bois Saint Martin tout en répondant aux nécessités du présent et du futur.

Pour le groupe des élus Verts,

Sylvie DUFFRENE
Présidente